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  Témoignage des parents d'Henri

Retour aux témoignages des parents.

En octobre 2004, quand j'ai su que je t'attendais mon fils, j'ai pris la décision suivante: je ferais tout pour vivre cette naissance différemment de la première fois.

J'ai aimé follement Louise, ta soeur, à la seconde où je l'ai vue, son petit visage rond, ses yeux bleus grands ouverts me scrutant jusqu'à l'âme, sa petite bouche qui voulait téter. Mais je me suis sentie volée de sa naissance. Pas assez sûre de moi pour imposer mes volontés, pas assez préparée ni informée, j'ai laissé déclencher sa naissance, parce qu'elle
avait quelques jours de retard sur la date prévue. J'ai cédé à la peur panique de la douleur et demandé la péridurale qui a fait de moi une spectatrice et non une actrice de mon accouchement. La naissance de Louise, ma fille chérie, a fait de moi une mère, mais elle n'a pas fait de moi une femme libre.

Cette fois, ce serait différent. Nous avons choisi pour nous accompagner au long de ce chemin l'attention et la douceur d'une sage-femme, l'ambiance chaude et feutrée de son cabinet accueillant. Nous avons découvert qu'un membre du corps médical peut parler à un foetus de quelques semaines et établir avec ses parents des rapports amicaux et sincères.

Petit à petit, la question du jour de ton arrivée parmi nous a commencé à se poser avec insistance. Où allions nous te donner le jour? A l'hôpital? Non, je ne le voulais plus. Qu'on me laisse marcher, gémir ou crier, qu'on respecte ce moment sacré pour nous. Je voulais réparer et construire, et explorer les plages où les sentations nues de la douleur m'emmèneraient. Je voulais choisir la position dans laquelle je souhaitais accoucher. Je voulais que nous puissions t'accueillir dans la douceur et le respect.

Nous avons décidé que cette naissance aurait lieu à "L'Arche de Noé", où nous serions épaulés par des sages-femmes compétentes et attentives sans être envahissantes. Un lieu digne de toi, Henri.

Le vendredi 22 juillet, tu annonces ta venue vers 23 heures: je perds les eaux. On appelle Evelyne, elle nous demande de la rappeller quand les contractions seront plus régulières. Ca ne tarde pas! On appelle mamy qui va venir garder Louise, puis on rappelle Evelyne et on se met en route. Il est minuit trente environ quand on arrive à la Maison de Naissance. Eveyne a laissé les lumières extérieures allumées pour nous accueillir, elle nous attend, tout est bien. Dans la chambre de naissance, quelques petites bougies et un cd de douce musique apportent une ambiance apaisante et
chaleureuse. Je ne peux pas dire à quel point ces petites attention m'ont touchée et mise en confiance. Après m'avoir examinée et s'être assurée que nous ne manquons de rien, elle se retire discrètement pour nous laisser prendre nos marques.

Les contractions se font plus précises, j'essaie le ballon, les massages, diverse positions. Je demande qu'on me fasse couler un bain. L'eau chaude me soulage et accélère encore le travail. Les contractions sont très rapprochées, et quand j'ai un répit un peu plus long, je sais que je vais en enchainer deux coup sur coup. Je fixe une petite bougie qui brûle sur le bord de la baignoire et je module des OOOOOOH et des AAAAAAAAh sur les contractions.Ton papa m'entoure de toute son attention de toute sa présence.

Dieudonnée, la seconde sage-femme arrive. A 2h30, Evelyne me suggère de sortir de la baignoire. L'effort pour m'en
extraire me semble immense. Je décide d'accoucher assise, sur le tabouret de naissance. Je m'installe, ton papa est derrière moi, il m'entoure de ses bras, de ses jambes, je me repose entièrement sur lui, mon amour, qui se
prépare comme moi à accueillir son fils.

Les contractions sont à présent d'une intensité prodigieuse, je me sens habitée d'une force qui me dépasse et m'aide à te mettre au monde. La brûlure de la naissance et te voilà mon fils, ton petit corps encore replié en position foetale, ton petit visage adorable, et là tout se mèle, la souffrance et la tendresse, l'amour et la fatigue, la joie et l'hébétement.

Je sers ton petit corps nu contre le mien, je te respire, je te découvre au terme de ce chemin qu'on a fait ensemble. Tu es si beau, si parfait. On s'allonge sur le lit tous les trois, je t'aide à trouver le sein. Tu têtes un peu, puis tu t'endors, trop fatigué pour boire vraiment.

Le placenta sort à son tour. Je n'avais même pas vu celui de Louise. Ce n'est pas si laid qu'on me l'avait toujours dit. Un placenta en forme de coeur, une sorte de morceau de toi que tu abandonnes pour respirer seul, pour découvrir les saveurs et les odeurs.

Nous avons mené notre projet à bien. Heureux, épuisés, fiers de nous, on s'endort tous les trois. Demain nous rentrerons à la maison, et le cours du temps reprendra. En attendant, dans un demi sommeil, on savoure ces moments
d'éternité.

Merci à Anne de nous avoir accompagnés et guidés durant cette grossesse, merci à Evelyne et Dieudonnée pour cette merveilleuse naissance.

Natalie


 

Maison de Naissance "'L'Arche de Noé" - Rue Loiseau, 39 - 5000 Namur -Belgique
Tel. 0498/81.32.05 (Bénédicte) - Tel. 0496/35.13.44 (Evelyne) - Tel. 0497/42.83.74 (Noëmie)
info@maison-de-naissance.be