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Ayant vécu mon premier accouchement à la Maternité (avec le projet d’accoucher à la maison de naissance) et le deuxième à l’Arche de Noé, j’ai décidé de raconter les deux car pour nous ils étaient vraiment très différents…  Ce sera donc un peu long…

J’ai entendu parler du projet de la maison de naissance plusieurs années avant d’être enceinte : une amie étudiante sage-femme m’en avait parlé et depuis ce moment je désirais y faire naître mes futurs enfants. 

Enceinte d’Amandine, notre première enfant, j’en ai parlé à mon mari Olivier qui a été séduit par l’accueil que nous y avons reçu et l’atmosphère amicale où on s’est tout de suite sentis comme chez nous.  Mais vers la fin de la grossesse Amandine restait en siège et ne pouvait donc naître à l’Arche de Noé.  Après avoir essayé toutes sortes de choses (marcher à 4 pattes, haptonomie etc.) la gynécologue nous a proposé une manœuvre de version externe afin de retourner Amandine.  Nous avons décidé de tenter le coup afin d’éviter une césarienne (et pour que notre deuxième enfant puisse naître en maison de naissance) et cette manœuvre a fonctionné.  Nous étions donc à nouveau en route pour la maison de naissance.  Mais deuxième stress : Amandine dépassait de plus en plus la date du terme et je n’avais encore eu aucune contraction…  Finalement Amandine est née à la Maternité car elle a dû être provoquée.  C’était une grande déception pour moi mais je me suis résignée et suis partie pour accoucher l’esprit en paix.  La sage-femme était très à l’écoute et m’a encouragée à essayer d’abord sans péridurale en me proposant des moyens pour y arriver.  Mais ensuite les allées et venues incessantes dans la chambre d’accouchement m’ont stressée au moment où les contractions devenaient plus fortes et j’ai demandé la péridurale.  Je devais donc rester allongée sur le dos sans bouger et j’ai dormi plusieurs heures.  Entre-temps j’avais changé de sage-femme.  De temps en temps elle venait changer mes jambes de position jusqu’au moment où elle m’a redressée en me disant qu’il était temps de pousser.  Elle m’a expliqué comment faire et comme je ne sentais rien elle me disait quand pousser.  Quand la gynécologue est arrivée, elles se sont faites assez pressantes (en période de vacances, la gynéco était seule pour tous les accouchements et il y avait 5 accouchements provoqués ce jour-là, en plus des autres).  Il fallait aller assez vite « si vous ne poussez pas plus fort, ça sera les forceps ! »  La sage-femme est même montée sur la table d’accouchement pour appuyer très fort sur mon ventre, ce qui m’a vraiment fait mal et j’ai eu très peur pour Amandine.  Finalement Amandine est née, sanglotant.  Je l’ai consolée un moment et puis on me l’a prise pour, avec Olivier, lui donner les soins et l’habiller.  Elle hurlait.  Pendant ce temps on me recousait vite, vite car il fallait aller auprès des autres femmes qui accouchaient.  J’avais l’impression de ne pas avoir pu faire naître ma fille moi-même et d’avoir été comme une marionnette dans les mains de l’équipe médicale, mais la joie d’avoir Amandine dans les bras m’a fait oublier très vite la déception de sa naissance.  L’allaitement n’a pas été facile au début, mais tout est allé mieux quand Bénédicte de la maison de naissance est passée me dire bonjour et m’a conseillée de renvoyer à la maison ma montre et mon stylo et de ne pas noter quand je donnais le sein.  Encore une fois le stress bloquait tout… 

Quand je suis tombée enceinte de Cyprien, la maison de naissance était pour nous à nouveau une évidence.  Le suivi de la grossesse d’Amandine avait été un plaisir et m’avait permis de vivre une grossesse sereine.  Cette deuxième grossesse a été encore plus sereine et il n’y a eu vraiment aucun pépin malgré la charge de travail importante et de longs trajets tous les jours pour aller au boulot.  Cyprien a aussi un peu dépassé la date du terme, mais là je me suis remuée afin d’éviter l’induction : soirées « disco » à la maison avec Amandine et Olivier, longues marches dans la neige…  Et un matin au réveil j’ai commencé à ressentir des contractions… quelle joie !  Elles étaient irrégulières et longues.  Ensuite elles sont devenues plus régulières mais pas très douloureuses.  Le soir, elles étaient là toutes les 3 minutes mais toujours pas très fortes.  J’ai téléphoné à Evelyne afin de voir ce qu’elle en pensait et elle m’a proposé de me rendre à la maison de naissance mais sans certitude que c’était le « bon travail ».  Une fois arrivée, elle m’a suggéré de me mettre à 4 pattes et là, ouahh  l’intensité de la douleur était bien plus forte !!  Nous avons donc décidé que je restais et j’ai gardé cette position pendant plusieurs heures.  C’était visiblement la meilleure pour aider Cyprien à avancer.  Sur le lit appuyée sur des coussins, dans la baignoire, sur un tapis par terre…  J’ai rapidement commencé à pousser des cris timides « aaa… »  Mais quand j’ai osé crier plus fort, ça m’a soulagé et j’ai crié à chaque contraction.  Olivier était vraiment fier de moi et impressionné par cet accouchement serein.  Evelyne était présente tout en nous laissant notre intimité.  Elle avait toujours la petite phrase d’encouragement dont j’avais bien besoin.  Ca faisait vraiment très, très mal mais c’était fantastique de sentir Cyprien qui avançait dans mon corps et de l’aider à avancer.  J’étais impatiente que la douleur s’arrête, je pensais à la péridurale pour me soulager mais je voulais y arriver toute seule !  Mais le moment le plus impressionnant pour moi, c’est quand la poche des eaux s’est rompue et que, quelques secondes après, j’ai eu cette énorme envie de pousser.  C’était formidable, mon corps me disait quand je devais le faire !  L’expulsion a duré très longtemps.  Evelyne et Pascale, la deuxième sage-femme qui nous avait rejoints, m’ont proposé de changer de position et de m’accroupir sur un tabouret en demi-lune et de me suspendre à une écharpe accrochée au plafond.  C’est ainsi qu’un peu après Cyprien est sorti…  Il a fallu aspirer les mucosités et lui donner un peu d’oxygène avec un petit tuyau près de son nez car il était un peu « stone », et puis on s’est reposé tous les 3 pendant 2 heures dans le grand lit douillet.  Evelyne et Pascale nous ont laissés entre nous tout ce temps et puis elles sont venues me rafraîchir et aider Olivier à habiller Cyprien.  Il est resté calme, très serein et on ne l’a entendu (un peu) pleurer que le lendemain matin.  Comme on avait décidé de ne prévenir la famille qu’à notre retour à la maison, on s’est reposés toute la journée du lendemain et Amandine nous a rejoints l’après-midi.  L’équipe de la maison de naissance nous a vraiment laissés en famille toute la journée, ne nous dérangeant presque pas.  Evelyne est venue début d’après-midi pour me recoudre (j’avais eu une belle déchirure à l’endroit de l’épisiotomie d’Amandine) et ensuite nous avons pu retourner à la maison. 

Merci à toute les sages-femmes de l’ « Arche de Noé » de nous avoir permis de réaliser ce rêve…

 

Olivier et Maryline