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La naissance de notre beau Charles !

 

Ca y est, je suis maman de deux enfants ! On a l’impression d’être vraiment une famille maintenant ! La fatigue est bien là, les nuits trop courtes, être disponible pour les deux,…je savais que cette période allait être intense, elle l’est, c’est sûr mais bizarrement, je suis plus zen ( quoi moi zen ? est-ce que j’ai bien écris ça ???) Un peu plus philosophe bien que les heures de sommeil qui me manquent diminuent considérablement ma patience. Enfin…

 

Mon petit Charles, mon beau Charles, bienvenue à toi !

C’est un garçon !!! On est plus que ravis ! J’étais persuadée qu’on allait avoir une deuxième fille et bien non, la belle surprise, un petit couillus est parmi nous !

Une deuxième grossesse, c’est pas pareil, on sait plus de choses, on a déjà trouvé nos marques en tant que parents, on suit un chemin déjà défriché.  Bien sûr que ce n’est pas aussi simple, il a fallu que je me stresse sur ta santé, est-ce que tu bouge assez, est-ce que tu es toujours là, est-ce que je te consacre assez de temps,… Comment vais-je faire pour aimer deux enfants à la fois ??? Déjà j’anticipais le deuil que je devrais faire de  l’exclusivité accordée à Victoria durant ces deux dernières années.  Et la deuxième grossesse, on ne la voit pas passer : un bambin qui demande beaucoup d’attention, un compagnon, une maison en rénovation, un travail,… une vie déjà bien remplie et c’est comme ça, c’est la vie. 

J’ai adoré les dernières semaines de la grossesse, en fait c’est ce que je préfère, quand je t’ai enfin senti peser en moi, alourdir ma démarche, modifier mon rythme,…quand j’ai senti que tu m’habitais pleinement, un corps à corps, cœur à cœur.  Quand on sent qu’il est temps de terminer son travail pour se permettre de couver entièrement, d’hiberner, de se consacrer au petit nid pour t’accueillir, de rentrer petit à petit dans ce petit monde privilégié et si éphémère de l’essentiel. Se l’autoriser, se le permettre et en profiter.

 

J’ai plus préparé l’après naissance que la grossesse et l’accouchement car finalement pour Victoria, c’est ce qui avait été le plus difficile. M’autoriser un congé pour vivre pleinement ces instants si précieux.  Et voilà qu’arrive le moment tant attendu ou je termine mon travail, enfin je peux me reposer.  La maison est enfin correcte pour t’accueillir  (ce n’est plus partout de la poussière et un chantier bien que cela reste rudimentaire mais ne soyons pas trop difficile..); Victoria est guérie et passe enfin des nuits ; ma sinusite est presque finie ; ma valise est prête. Je rêve cependant de quelques jours tampons entre la fin de tout ça et ton arrivée, histoire d’avoir un peu de temps pour moi, pour faire des choses agréables.  J’ai besoin de ranger, de me préparer, j’ai la trouille, j’ai encore besoin de temps, je doute, j’ai l’impression d’être sur une montagne russe en train de monter avant de se lancer.  Je sais qu’une fois que je vais plonger, ça ira. C’est la panique avant de sauter. Je voudrais aller me terrer dans une caverne et ne plus bouger (mes instincts primitifs refont surface !!!)  Et toi, comment te sens-tu dans cette maman entre-deux ? Tu a l’air d’aller bien, tu attends l’impulsion, tu te peaufines. 

 

Charles, tu m’as laissé 15 jours pour me détendre et en profiter, faire des tas de choses que je n’avais pu faire avant.  Le matin du 14 novembre, dans un demi sommeil, la main sur mon ventre, je te parle, je te remercie d’avoir attendu, je te dis que j’ai bien dormi, que je suis prête. En déjeunant, je sens bien que ce n’est pas un matin comme les autres, le bas de mon dos est bien tendu, quelque chose s’y prépare.  En souhaitant une bonne journée à ton papa,  j’ai pensé très fort: « Je t’appelle tout à l’heure quand ça aura démarré » mais je n’ai rien dit.  Quelque chose dans l’air flottait.

Et en effet, le bas de mon ventre et surtout de mon dos se tendent régulièrement mais doucement, je fais presque comme si de rien n’était, je profite de la matinée avec ma poulette. On dévore un bon repas à midi, elle va faire sa sieste et moi je me détend devant la télé, penchée en avant pour que les douleurs arrêtent d’être dans le dos mais basculent plus vers l’avant.  Je me dis que j’en ai sûrement pour des heures, que pas de panique et pas de précipitations, préservons notre énergie.  Anne-France m’appelle, je lui dit que ça travaille, et papote une heure au téléphone, quand j’ai des contractions, je ne dit rien, je fais juste des oui oui  pour qu’elle sache que je l’écoute quand même…

 

Victoria se réveille, je raccroche, il est 15h45. Là, en rhabillant Victoria, j’ai besoin de souffler, ma belle poulette me prend dans ses bras et souffle avec moi ! « «Victoria on va préparer le sac pour aller chez nanou car je crois que le bébé va arriver ».  16h00 : mon pantalon est tout mouillé, j’appelle Martin :  « Je crois qu’il vaut mieux que tu rentres » Un sms deux minutes plus tard : « Ne traîne pas ! » Et là, je pense que je suis en haut de la montagne russe et que ça démarre sérieusement !

Je prépare les dernières choses à mettre dans le sac : bougies, bouillotte,… Je donne un petit goûter à Victoria, ça devient dur, j’ai des contractions toutes les deux minutes.

Martin arrive, j’appelle Marie-Christine, lui explique et elle me dit de faire comme je le sens, si on veut venir à la maison de naissance ou si on préfère rester encore un peu chez nous.  On se rappelle à maximum 19h30, heure à laquelle elle a fini ses rendez-vous.  Je raccroche, je suis perplexe, je crois que je ne lui ai pas bien expliqué ce qui se passait... Ca devient urgent, Victoria est excitée, je ne sais plus où me mettre, le carrelage est froid, il faut qu’on y aille.

17h 15, on part. Ah le maudit trafic du vendredi soir à Namur, je tiens la main de Martin pour chaque contraction, je cherche un refuge dans cette foutue voiture, en vain,… mais quand est-ce qu’on arrive ? C’est sûr à la maison de naissance, je serais mieux installée, j’aurai moins mal, mais comment ça se fait que ça fait déjà si mal ?

Un bisou à ma belle Victoria, à toute à l’heure, ma chérie, à toute à l’heure.

17h45, traversée de Namur, grrrrrrr.

18h00 : ah la maison de Naissance, ouf ! Marie-Christine nous accueille avec un grand sourire, elle me dit que j’ai quand même l’air défaite… ben tiens ! La chambre est prête, on peut monter s’installer.

 

Les larmes me viennent quand je rentre dans cette chambre ou ma belle Victoria est née. Mais pas le temps d’être nostalgique, les contractions me recentrent sur le moment : je suis avec toi mon bébé, en route, on y va, je t’ai proposé tout à l’heure que ça ne soit pas trop long, on verra, en route.  Marie-Christine arrive et m’encourage, me dit que c’est bien, observe que les contractions sont bien rapprochées et m’examine. Tu es à 8 dans une demi-heure il est là !

Je ne comprend pas grand chose, mais c’est pas le moment de réfléchir, on fonce, on s’ouvre, on y va, pas de place pour les incertitudes qui viendraient montrer leur nez.  Balayées les mauvaises pensées, mon bébé est là de plus en plus proche à chaque contraction. Lui et mon corps se sont bien mis d’accord pour aller de l’avant sans hésitation. Bon… on fonce.

Martin prépare les habits et déjà je sens que l’envie de pousser n’est pas loin. Ca y est cette toute autre sensation me terrasse, c’est presque violent, c’est pas possible… au secours !

Pas le temps de douter : aller mon bébé on y va, j’ai pas peur, Marie-Christine et Martin m’encourage : j’ai toutes les compétences pour le faire.

Ca y est la tête est sortie ! Encore une poussée pour dégager le cordon et hop tu es là sur mon ventre, mon petit bébé, mon amour, on te parle ton papa et moi pour t’accueillir.  La tempête se calme, tout s’apaise, on profite de sentir la douceur de ta peau, ce merveilleux contact.

 

Ca y est c’est fini ouf !Il est 18h36, quelle folie !

C’était vraiment une montagne russe !

 Je vais comme pour Victoria sentir à tâtons tes petites fesses et.. c’est un garçon !!!!, Notre petit Charles d’amour est bien là !Notre petit bouchon, sûr de lui, tout en force et en confiance. « Maman, moi je sais, toi aussi alors on y va, pas de chichi. »

 

Charles le magnifique. Les choses m’ont compétemment dépassées, j’ai été submergée par la puissance du processus. Cette accouchement a bousculé mes incertitudes, elles n’y avaient pas leur place, mon bébé sait, mon corps sait, quelle belle leçon de confiance de nouveau ! Tout en force et en intensité ! Bienvenue mon beau garçon !!

 

Merci Martin d’être toujours là, confiant, calme, un roc dans cette tempête, tu es exceptionnel ! Merci Marie-Christine d’avoir trouver les mots justes en plus de toutes tes compétences.

Tout est plus simple, une heure après ta naissance, Victoria nous a rejoint, elle a pu te découvrir encore tout nu, te faire un gros bisou, on a mangé un petit souper comme si la vie continuait, tout simplement.  Et, on a dormi là, ensemble, tous les quatre (enfin moi j’ai gardé un œil ouvert toute la nuit….), c’était magique !

Cette maison de naissance est vraiment le nid douillet dans lequel on a envie de mettre au monde nos bébés, merci à l’Arche de Noé qui nous a accueilli pour la deuxième fois !