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La naissance d'Alice

Bien qu'elle nous semble avoir toujours fait partie de notre histoire, l'existence "effective" d'Alice a commencé par une belle matinée d'août (le 8 précisément), jour des portes ouvertes chez Semailles(...quoi de plus naturel?!)  Pour achever de se concrétiser exactement 9 mois plus tard, le 8 mai (et pas le 2 comme "prévu"), journée portes ouvertes à l'Ortie-Culture et la Fougeraie, où, alors que les éléments se déchaînaient, j'ai cru enfin ressentir ce qui était bien une très légère première contraction tant attendue.

Après cette balade dans la pluie et le vent, sous des cieux tourmentés comme je les aime, et faisant "le plein" durant le trajet de retour de lumineux paysages sous un ciel d'ardoise, nous avons retrouvé la chaleur bienfaisante de notre cocon, le temps d'abriter sous la serre nos dernières trouvailles comme ces menthes orange et chocolat, et un Pelargonium au parfum de pomme (désormais notre madeleine de Proust!)

Vers 21 heures, nouvelle légère contraction.
Je n'en dis rien à Bruno, afin de ne pas risquer de lui donner de faux espoir, même si au fond de moi, et cela depuis plusieurs heures déjà, j'ai le sentiment que LE grand jour est arrivé.  En effet, confirmation 20 minutes plus tard, et ainsi de suite...Quelle fébrilité!  Cette impression d'atteindre un (pour ne pas dire LE) moment essentiel de sa vie, où on va donner la vie, faire enfin connaissance avec cet être si cher... même si on s'attend à souffrir, bien que l'on n'ait au fond aucune idée de l'intensité de cette douleur, malgré la lecture de nombreux témoignages de tous horizons (entre-autres les excellents ouvrages d'Isabelle Brabant et Jacqueline Lavillonnière, fidèles compagnons d'insomnies).

Tout est prêt -depuis longtemps- pour rejoindre l'Arche de Noé le moment venu, mais pour l'heure, il s'agit de prendre du repos (d'essayer, du moins).
La nuit sera courte... Vers 2 heures, les contractions, plus fortes, me réveillent.  Je finis par me plonger dans un bon bain qui me porte et me réchauffe.
Bruno me rejoint dans la salle-de-bains et s'installe à côté de moi dans un transat!
Les contraction se rapprochent et se font plus intenses au fil des heures... RES-PI-RER, le maître-mot!
"Ma petite fille...", garder le contact, sans cesse, en commençant par ces trois mots murmurés en secret tout au long de la grossesse, et qui te faisaient réagir lorsque je posais ma main sur mon ventre.
Les heures ont passé, il est maintenant 6 heures, il nous semble qu'il est temps de prévenir Evelyne (désolés pour ce réveil...).
Le rendez-vous que nous avions ce matin pour un monito est maintenu...!

Je passe les détails et anecdotes du trajet... jamais il ne m'a semblé aussi long!
Il fait magnifique, je garderai en mémoire les reflets dansants du soleil matinal sur la Meuse (ainsi que -moins poétique- les coups d'oeil intrigués des conducteurs des voitures voisines au feu rouge...
Hé oui, l'intensité des contractions me fait un peu grimacer!)

Nous voici ENFIN confortablement installés dans le lit de la douillette chambre de naissance, après l'accueil apaisant et quasi maternel d'Evelyne.
Les petits vêtements préparés sur le radiateur me donnent du courage en me rappelant que nous touchons au but, ce détail reprécise LE sens de toute cette douleur...
Au fil des heures, presque plus rien n'arrive a détourner mon attention de l'indescriptible tempête qui se déchaîne en moi à intervalles de plus en plus courts, pas même l'arrivée de la pétillante Marie-Christine, deuxième sage-femme.  La position assise commence à me fatiguer, cap sur le lit où je finis par passer de la position sur le dos (selon moi peu propice à la poussée : j'avais l'impression de devoir fournir beaucoup d'efforts pour peu de résultat) à la position agenouillée, en appui sur un gros ballon, mais cela ne suffira pas à préserver totalement mon périnée!

...Je ne saurais dire combien de temps cela a encore duré (à mon avis une éternité!), la souffrance est intense, immense, sans comparaison, au point à un moment donné de me paraître insurmontable! Je suis pourtant on ne peut mieux entourée, Bruno est -comme toujours- extrêmement attentionné, Evelyne et Marie-Christine vigilantes tant pour mon bébé que pour moi, mais là c'est trop, je me sens toute seule!
Evelyne trouve les mots qui font mouche : "tu n'es pas toute seule, n'oublie pas ton bébé, il t'aide!", mon attention se tourne alors à nouveau vers ma petite fille, et ça change tout.
Une extraordinaire occasion nous est donnée de toucher la poche des eaux quasi intacte qui coiffe notre bébé, comme un petit airbag!
(quelle victoire, moi qui frémissais quelques jours plus tôt, en entendant le gynéco me dire tout naturellement qu'il suffirait de rompre cette poche pour provoquer la sortie de ce bébé qui osait dépasser le terme!) Une autre véritable formule magique d'Evelyne au moment le plus "critique", les dernières poussées avant l'expulsion, "si tu pousses bien, elle sera là cette fois..."

...ET VOILA ALICE! (il est 14h02', un radieux soleil inonde la chambre). C'est le plus beau jour de notre vie! La douleur s'évanouit, plus rien n'a d'importance... émerveillés, nous faisons enfin la connaissance de ce petit bout de nous, la prunelle de nos yeux, ce nouvel être à part entière qui a immédiatement ouvert ses grands yeux sur la vie!

MERCI! Quelle chance nous a été donnée de pouvoir vivre une grossesse et un accouchement "sans histoires", dans le respect du NATUREL, essentiel à nos yeux!
Merci aux sages-femmes qui font le plus beau métier du monde et qui le font BIEN!  Professionnelles et néanmoins accessibles, humaines, chaleureuses, disponibles, "discrètement" vigilantes.
L'Arche de Noé, encore à l'état de projet au début de "notre"
grossesse, avait tout pour répondre à nos aspirations!

Alice aura bientôt 11 mois et je termine seulement ce témoignage, il y a plusieurs raisons à cela...
Les premiers essais étaient difficiles, la sensibilité à fleur de peau, ce fichu souci de précision qui complique toujours tout et me rend éternellement insatisfaite (en ce qui concerne la forme seulement!). 
Puis on s'aperçoit qu'au fil du temps, certains détails s'estompent, on se dit alors qu'il est grand temps!
Enfin, parler de tout cela au passé (même si tout a été rédigé au
présent!) c'est accepter que la page soit déjà tournée, pour finalement se rendre compte que ce n'est pas la fin de quelque chose, mais seulement une étape franchie, qui nous a enrichis et que rien ne pourra nous enlever.

A ceux qui nous regardent comme des illuminés (c'est leur droit!) sous prétexte qu'ils trouvent archaïque d'encore accepter de souffrir à notre époque, je répondrais simplement (si toutefois ils m'en donnaient
l'occasion...) qu'une fois la douleur -bien vite- envolée, ne restent que les meilleures raisons au monde de vouloir procéder comme l'ont fait les femmes depuis la nuit des temps, et cela dans l'intérêt de tous les protagonistes, à commencer par celui du bébé!
Quelle fierté d'y être arrivée!  C'est ce que j'ai fait de mieux dans ma vie, et je l'ai fait du mieux que je pouvais.

Laurence

 

Maison de Naissance "'L'Arche de Noé" - Rue Loiseau, 39 - 5000 Namur -Belgique
Tel. 0498/81.32.05 (Bénédicte) - Tel. 0496/35.13.44 (Evelyne) - Tel. 0497/42.83.74 (Noëmie)
info@maison-de-naissance.be