Naissance de Gaspard, le 2 février 2010

Après 9 mois d’une grossesse sans soucis et harmonieuse, te voilà enfin… J’étais devenue impatiente à l’idée de te rencontrer et également de me libérer de ce gros ventre, tu es arrivé un jour avant la date prévue. Mais début janvier, suite à une série de contractions un peu précoces, j’ai été hospitalisée deux jours et mise sous traitement. A l’arrêt de ce traitement, je pensais que tout allait reprendre et que tu serais vite là, mais non… Tous les soirs, j’avais quelques contractions mais une fois au lit, je m’endormais et tout s’arrêtait.

Le lundi 1er février, j’avais au programme une journée salzinnoise.

A 10h, rendez-vous avec Evelyne et Amélie pour un monitoring, tout va bien, tu étais en super forme avec une petite activité utérine, on se programme un rendez-vous fin de semaine et tout le monde est prêt si jamais tu pointais le bout du nez d’ici là…

A 12h, petite séance d’aquabulle, ce qui me fait beaucoup de bien, on en oublierait son gros ventre et surtout son surpoids, que du bonheur ! Je n’hésite pas à faire à fond les exercices.

Ensuite, passage chez Papé et Mamé, on révise la procédure pour la prise en charge des grands qui viendront chez eux le jour J.

Enfin, il est temps d’aller chercher Elise et Samuel à l’école, de goûter, jouer, donner les bains et préparer le souper.

Papa profite de sa soirée du lundi et va se dépenser au badminton. Moi, par contre, vannée par ma journée, je m’endors comme une masse devant la TV.

A 22h30, j’ouvre un œil, réveillée par une contraction, je décide de continuer ma nuit dans mon lit. Mais, pour une fois, je ne me rendors pas, les contractions continuent, j’attends que papa rentre du badminton.

A 23h30, il rentre et je lui explique que j’ai des contractions un peu plus douloureuses et plus basses que d’habitude mais ne nous faisons pas de faux espoir. Il prend sa douche et vient s’allonger avec moi. Cela continue mais elles restent espacées 10 – 15 minutes entre chaque. Au fond de moi, je pense qu’on approche du grand jour de notre rencontre avec toi, ça y est on va pouvoir te découvrir, te toucher, te sentir, te serrer dans nos bras, t’embrasser… que du bonheur, je suis tout à fait prête.

Papa et moi, on s’organise, si à 1h j’ai toujours des contractions, on appelle Evelyne, j’ai très peur d’accoucher vite comme pour Samuel et je ne veux surtout pas accoucher à la maison ou pire encore, dans la voiture. Je donne encore quelques « directives » à Papa pour le chargement de la voiture : nos bagages mais également ceux des enfants que l’on déposera chez Papé et Mamé.

1h arrive, les contractions sont toujours là, espacées de 10 minutes et je commence par réveiller Evelyne, qui je pense voudrait être sûre que je sois bien partie pour un vrai travail et non pas comme tous les soirs dans un « faux » travail. On décide de se recontacter dans une ½ heure pour voir où j’en suis. Ensuite, je réveille Mamé pour lui dire qu’on risque d’arriver d’ici une ½ heure déposer les deux grands. Entre-temps, Samuel est réveillé, on lui explique que le petit frère a l’air bien décidé de vouloir sortir du ventre de maman. Papa s’occupe de tous les bagages et n’oublie rien, bravo ! Je me prépare pour partir et après un passage aux toilettes, la poche des eaux se rompt. Surprise de Samuel : « Oh, maman fait des bêtises ! », en pensant que je faisais pipi par terre… Là, je rappelle Evelyne, le signe clair d’un vrai travail est arrivé et on lance le départ pour la Maison de Naissance. On fait un dépôt express des deux grands : Samuel est bien conscient de ce qui se passe, il voulait d’ailleurs venir à la Maison des bébés avec nous… et Elise est toute endormie. Déjà merci à Papé et à Mamé pour cet accueil nocturne et des jours suivants pour Elise et Samuel.

Arrivée nocturne à la Maison de Naissance à 1h40 de tout le monde en même temps. Amélie est là également. J’ai froid et je suis trempée, je n’ai qu’une envie, aller dans la chambre (côté jardin, comme pour Samuel) et de me mettre au sec et au chaud.

Tout est calme, rassurant et réconfortant. Amélie prend le temps de m’examiner, tu es bien mis, bien en forme et je suis à 7 cm de dilatation ! Je me sens bien également, contente d’être à la Maison de Naissance, entourée de personnes de confiance, je me laisse aller dans ma bulle avec toi, je t’invite à descendre, Papa reste près de moi, je le sens très présent.

Ensuite, c’est parti pour la poussée, c’est toujours pour moi, quelque chose d’extrêmement fort et difficilement gérable ! Evelyne le sait, j’ai eu l’occasion de lui en parler plusieurs fois. Je la sens proche, avec moi, remplie d’encouragement, me proposant de changer de position. Je me retrouve assise au bord du lit, je tire Papa de toutes mes forces lors de chaque poussée, je sens que je dois me recoucher, je me retrouve sur le côté, je pousse encore et j’ai l’impression que je me déchire, ta tête est là, Papa m’encourage, je te touche avec ma main, ça me rassure, je pousse encore, voilà ta tête est sortie, je pousse une dernière fois, tes épaules sortent et je te prends directement et t’amène près de moi. Quelle intensité, quelle énergie on a mis dans cet accouchement mon petit Lou, il 2h19 et je te serre dans mes bras soulagée, libérée et heureuse.   

Tu es magnifique, tout rose, tu tousses et tu pleures un peu pour te dégager les voies respiratoires, tu ouvres tout doucement les yeux, avec une certaine hésitation, tu es curieux, à la découverte de tes nouvelles sensations, tu te caresses le visage, les oreilles avec tes longs doigts tout fin, et tu finis par découvrir le bonheur de téter.

Quel bonheur pour Papa et moi de te voir comme ça, on rayonne en pleine nuit !

Un énorme, gigantesque merci à Evelyne et Amélie de nous avoir accompagné et soutenu afin de pouvoir vivre cette naissance heureuse.

Et surtout, bienvenue à toi, petit Gaspard !